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C'est beau hein !

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Dimanche 1 juin 2008
Pas de commentaires pour le moment...plus tard peut-etre, mais en 1er les photos

Une latrine du camp... Sympa hein?

Une des habitations: des baches, des couvertures en guise de murs

Une vue generale du camp: 189 familles y vivent

Et en arriere plan, on peut voir Suleimaniyah (2ieme ville du Kurdistan)
par Bastien publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006
                Concernant l’hygiène, nous faisons beaucoup de chose divers et variées. Nous distribuons des kits (avec style savon, brosse à dent, ciseaux etc.), des brochures explicatives, nous organisons des ateliers avec les gens des villages, à partir de la semaine on va même diffuser une pub de 27s deux fois par semaines pour dire aux enfants de ne pas jouer près d’eau croupie. A côté de ça, on a aussi des kits scolaires (avec crayons, cahiers etc.) et des kits de jouets. D’ailleurs dans ses derniers kits, les garçons ont droit à des voitures etc. alors que les filles ont des poupées…. Encore une preuve de la prédestination des genres dans nos sociétés occidentales ! Une dernière anecdote, suite à une remarque que l’écologiste que je suis n’a pas pu s’empêcher de faire : tous ses kits sont très peu cher (on les payes 1$ pièce je crois, alors que le truc est 2x plus gros que les pochettes surprises de nos boulangeries…), il va sans dire que pour ce prix on a pas une qualité d’enfer. Donc tous ces  jolis kits (que ce soit scolaire, hygiène ou jouet) vont très certainement +/- directement se retrouver à la poubelle assez vite, ce qui en Jordanie ou en Iraq signifie dans la décharge à ciel ouvert, 50m plus loin…

Enfin, la particularité des ces projets est qu’ils se font en « Remote control », soit contrôle à distance pour les non-initiés. Et oui je vous rassure tous, c’est comme ça qu’on explique que physiquement je sois en Jordanie alors que mon ONG travaille en Iraq. Le remote control a plusieurs inconvénients. Déjà, il est plus difficile de contrôler la corruption/le copinage/le clientélisme, surtout dans des régions aux fortes traditions claniques. Nos procédures de contrôle doivent donc être particulièrement fortes, afin de limiter au maximum les possibilités de dérapage. C’est d’ailleurs une grande partie de mon boulot, mais j’en parlerais plus en détail dans un prochain post. Ensuite, le remote control est assez frustrant, vu que je ne vois pas physiquement ce pourquoi on travaille. Au final, je pourrais être directeur financier dans n’importe quelle boîte, ça ne changerait pas tellement. Bien sûr, on fait des rapports réguliers, avec de jolies photos et pleins d’explications, le nombre de gens aidés, le nombre de latrines posées etc. mais bon, il n’empêche qu’on est loin de l’imaginaire romantique de l’humanitaire distribuant des sacs de riz à des populations reconnaissantes (en même temps je le savais déjà avant de partir). Enfin, je suis aussi dans la position assez particulière d’un manager qui n’a jamais vu une partie de ses subordonnés. En effet, les deux financiers de Kut et Samawa sont en contact permanent avec moi, par mail, et je ne leur ai jamais parlé et encore moins vu (quoique parlé… avec Ahmed j’ai essayé une fois mais ça n’a pas été une réussite !). C’est pour le moins étrange comme situation, pour moi comme pour eux. Heureusement, il est prévu qu’on se rencontre un de ces quatre au Koweït…

par Bastien publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006
                Mon ONG , dont je tairais le nom pour des raisons de confidentialité, est une association crée en Afghanistan en 1993 par des travailleurs de l’humanitaire. Dieu seul sait ce qu’ils faisaient là-bas, en tout cas personnellement je n’en ai aucune idée. L’association s’est alors progressivement développée, d’abord dans la région (1996 : Tadjikistan, Ouzbékistan, Kirghizstan), puis logiquement (si j’ose dire) dans les régions traditionnellement dépendantes des ONG, en Afrique avec la RDC (1997) et en Amérique centrale (1998) avec le Nicaragua et Haïti/Rep. Dominicaine.
           
                S’ensuit un « trou » de 5 ans, pendant lesquels l’association n’ouvre plus de nouvelles bases. Même si je n’en ai qu’une vague idée, je pense que la raison principale est que la croissance s’était effectuée trop vite : le siège était alors quasi-inexistant, on ne travaille pas de la même façon dans la steppe Africaine ou la jungles latino-américaine que dans les montagnes Afghanes ; bref il fallait le temps de poser les choses. Surtout qu’à partir de 2001, la chute des talibans et l’effort de reconstruction de la communauté internationale en Afghanistan a du apporter beaucoup de financements, de projets  et donc de boulot.

Je pense d’ailleurs en mon fort intérieur que c’est les attentats du 11 septembre qui ont, après moult conséquences, permis à mon ONG de se développer jusqu’à devenir aujourd’hui la 5ième ONG française (même si mon ONG souffre d’un problème de visibilité), l’afflux soudain de projets ayant dégagé les moyens financiers permettant l’implantation dans d’autres pays.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Iraq suit immédiatement après (2003), puis le Tchad et le Soudan en 2004 (crise du Darfour), et enfin le sud-est asiatique (Inde, Sri Lanka, Indonésie) en 2005 suite au Tsunami. Toutes ces crises ont bénéficiées d’importants financements, dont a besoin mon ONG pour agir. Aujourd’hui, mon ONGE est présente dans 17 [+1 depuis le Liban] pays, emploie 100 expats et +2000 ‘locaux’, et s’occupe de projets divers et variés, allant de l’urgence au développement en passant par la réhabilitation, dans des domaines tels que la sécurité alimentaire, l’eau (potable, mais aussi sanitaire, traitement), la promotion culturelle, l’éducation à la santé, le soutien institutionnel et même la micro finance (création d’une ‘filiale’ dédiée, Oxus Development Network).

par Bastien publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006
                Ah voilà le post que tout le monde attendait ! Permettez moi par contre de vous prévenir dès le début : étant salarié, je suis tenu par le secret professionnel, je ne vous révélerais donc rien qui ne soit public. Ayant fait l’expérience il y a une semaine déjà des dangers de la publication, je ne voudrais pas refaire 2 fois la même erreur…

Mon ONG est donc présent en Iraq depuis 2003. Si vous vous demandez pourquoi cette date, je vous dirais d’aller voir un médecin, vous perdez la mémoire ou bien la vache folle vous a rattrapé, à moins que ce ne soit Parkinson ou Altzeimer… Nous n’avons jamais été présent que dans le sud, dans le pays à majorité chi'ite. Pas de préférence particulière derrière cela, si ce n’est qu’il faut se rappeler que Saddam était Sunnite et avait privilégié d’une manière générale les Sunnites face aux Chiites (cf la fermeture des vannes d’irrigation lors de la répression d’une révolte…il savait y faire ce Saddam)(avec sa dame aussi d’ailleurs). Donc d’une manière générale, le sud souffrait d’un manque d’équipements plus criant que dans le centre (Sunnite) ou le nord Kurde (déjà quasi indépendant). Mon ONG a ainsi une base à Kut et une autre à Samawa, et en possédaient aussi auparavant à Amara et Nassiryah. Enfin, nous avons aussi 1 personne au Koweït et une autre à Bagdad pour assurer les liaisons, alors que nous comptons ouvrir bientôt à Erbil (Kurdistan).

Mon ONG en Iraq a travaillé principalement dans le domaine de l’eau et de l’hygiène. Dans le domaine de l’eau, mon ONG fait beaucoup d’installation ou de remise en marche de CU, pour Compact Unit. Sous ce terme romantique se cache des mini (enfin 5x2x2m environ) stations de traitement de l’eau. On dit aussi LWTU, pour Water Traitement Unit (le L je sais pas ce qu’il veut dire). En effet, n’oublions pas une chose : malgré notre imaginaire d’occidental gavé d’image de déserts et de berbère à dos de chameaux, Iraq/ex-Mésopotamie, est aussi appelé le croissant fertile, arrosé par le Tigre et l’Euphrate. Il ne s’agit donc pas de créer de l’eau là où il n’y en a pas (comme en Saoudi), mais bien plutôt de rendre les ressources disponibles propres à la consommation. Malheureusement, Saddam ayant contribué à l’installation de nombreuses communautés dans d’anciens marais, suite à leur assèchement l’eau qui parvient aujourd’hui est beaucoup trop chargée en minéraux pour être consommée telle quelle.

A la marge des CU, il faut aussi assurer la pose des conduites d’eau permettant de relier les quartiers, ainsi que les pompes amenant l’eau à la CU, et enfin la maintenance. Mon ONG distribue aussi aux gens des waters tanks pour pouvoir stocker cette eau. Et enfin, nous avons un contrat pour distribuer de l’eau quotidiennement (par camions de 16 et 8,000 litres) aux habitants situés trop loin des sources d’approvisionnement, c’est ce qu’on appelle le Water Trucking.

Suite demain mes poulets…

par Bastien publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006
       Waouh me diront certains, d'autres ne diront rien, quelques uns seulement comprendront....

        En fait l'exploit vient du fait que je ne suis pas sense pouvoir conduire ici, ca fait en fait partie de mon contrat avec mon ONG, ils m'ont interdit d'excercer mes talents de pilote (1er de ma promo au Kart lors du week-end de désintégration, rappelons le...) comme a tous leurs expat de par le monde. La raison en est que si jamais il m'arrivait d'écraser un local, je pourrais assez vite me faire lapider par une foule en colere (est-ce si vrai que ca ?? Je veux dire, meme si j'ai souvent lu dans des guides touristiques que dans ce cas la meilleure chose a faire est de s'enfuir au commissariat le plus proche, honnetement je ne suis pas sur que cela soit si extreme que ca... et puis franchement, est-ce, meme dans ces pays, on ecrase quelqu'un si souvent que ca ???). Donc par securite personne n'a le droit de conduire. Mouais, enfin je pense aussi que c'est surtout pour se couvrir, vu qu'un de leur employe s'est tué au volant dans les dernieres annees... Statistiquement parlant, je pense d'ailleurs qu'il est plus probable de se tuer que de tuer quelqu'un d'autre, enfin bon.

       Donc je n'avais formellement pas le droit de conduire (c'est meme ecrit dans mon contrat). Donc quelle ne fut pas ma surprise de voir Cyril prendre le volant, le 1er soir de mon arrivée a Amman? Vous tous qui me connaissez, vous savez que j'ai une haute idée des lois, des reglements et de la morale, et qu'il ne me vient meme pas a l'idée de transgresser la moindre chose. Aussi eu-je besoin de 3 semaines pour me remettre de cette vision apocalyptique, de quelqu'un ignorant aussi cranement la Loi. Malheureusement, j'ai compris hier soir, une fois au volant, que surement lors de mon arrivee j'eus été contaminé (a vous de jouer, les Ayatollah de l'orthographe) par ce coté obscure, par cette demoniaque fievre qui pousse les gens a contester, a rouspiller, a gruger, a voler, a tuer. Aussi lorsque le driver m'a amené a Shmeisani (c'est aussi le quartier ou je travaille) a 9h00, et ou je savais rester +2h (donc apres 11h), et que j'ai proposé a celui-ci de rentrer (vu que ca servait a rien qu'il m'attendent), et que celui-ci m'a proposé la voiture (tel le malin proposant la pomme d'Adam a Eve ou l'inverse), nous sommes naturellement tombé sur un accord (pas tel Israel proposant le retrait du Hizbollah au dela du fleuve Litani au Liban).

       A 11h, apres avoir un peu bu (du jus de gauava)(je vous laisse deviner le fruit), je suis donc rentré, bravant les chauffards fou d'Amman, ses voies mystérieuses et biscornues, retrouvant presque naturellement mon chemin dans le dédale des Jebels et des voies rapides... Bref, hier soir un miracle a eut lieu !
par Bastien publié dans : Humanitaire
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