Bon nous voilà finalement rendu au milieu de rien, en plein dans le désert dont pour le moment nous ne voyons pas grand-chose, bah oui il fait nuit ! Seuls quelques camps de bédouins, avec leurs lumières accrochées à flanc de falaise, laissent deviner la puissance du lieu… Mais pas le temps de trop s’y attarder, déjà nous entendons la musique, si proche mais encore étouffée par les amas rocheux qui nous entoure. S’en suit une marche rapide de 5min, qui nous emmène jusqu’aux limites de la fête : heureusement, Will n’a finalement pas oublié son billet –dans le style tête en l’air, il est encore pire que moi ou que Julie, ma quasi-sœur au ¾- c’aurait été un peu stupide de faire tout ce chemin pour se faire refouler à l’entrée !
Même une fois dans la place, toutes nos préoccupations ne sont pas résolues pour autant. Ayant lâché ce cher Moussa le driver, nous traînons chacun nos affaires pour le week-end dans un sac à dos tendu à l’extrême (en tout cas pour le mien…merci je sais que je sais bien faire les sacs, peut-être un don de mon enfance où je déménageais régulièrement ?? Ou alors serait-ce de m’être tellement entraîné à Tetris sur GameBoy ??), ce qui en soit est un petit exploit (2 soirées, 2 jours en vadrouille, sac de couchage, serviette, maillot etc.) ; il nous faut donc un endroit où se décharger, histoire de ne pas passer pour les Romanos du coin ! C’est as gagné, rien n’est prévu pour ça alors qu’on pensait que même en plein désert ils auraient au moins prévu un vestiaire (ils sont d’un arriéré, franchement… en même temps quand on voit comment c’était indiqué on comprend mieux !). On retrouve par chance assez vite Soline et Tarama, deux journalistes (enfin la réalité est un peu plus complexe) déjà rencontrées au Nai la semaine d’avant, seulement elles sont au carré VIP et surtout elles sont venues dans une voiture qui n’était pas la leur, donc « blabla tu comprends ça nous dérange etc. », ok je comprends mais va pas me demander de t’offrir un verre après ! Heureusement, William retrouve assez vite deux charmantes Jordanienne, Dahlia et sa cousine/sa sœur/sa copine/whatever qui encore plus heureusement ont loué une des tentes, elles. Ouf, on peut tout poser, avant de repartir dans le cœur du truc (cf. photos).

Pour décrire le truc, disons que c’est au pied d’une falaise bien mise en valeur par des projos et des « Amstel », des « Distant Heat » (le nom de l’événement) et autres « Black » (une boisson locale) écrits en énorme à travers de la roche, bref la nature a l’état brut. Au pied de cette falaise, on trouve un espèce de cube où sont fixés les projos et les enceintes (toutes au même endroit, c’est bien comme idée ça pour rendre les gens sourds !), et sur le devant duquel on trouve le DJ (et le staff) surélevés, histoire de les mettre en valeur. Autour, on trouve pas mal de stands/tentes pour les boissons, ainsi que des nattes, des coussins et des tables basses pour ceux qui veulent se poser. Ok là ça a à l’air cool, mais en vrai le tout fait un peu cheap, genre matos récupéré en Albanie d’un stock d’invendu fabriqués en Chine des surplus de l’armée Rouge. A droite il y a le carré VIP, un gros carré de 30m de long, surélevé de 1m (normal, il faut bien montrer aux autres qui c’est les VIPs !) avec pleins de vrais banquettes cette fois-ci, et un bar moins populaire. Et enfin, derrière, tout autour, on trouve les tentes, des carrés, des canadiennes à l’ancienne, des de forme pas trop définie, bref on retrouve le stock Albanais !
Qu’importe, cela ne nous empêchera pas de faire la fête toute la nuit, jusqu’à 8h30 actuellement, alors qu’entre temps le soleil s’est levé, qu’on a pris un petit dej, qu’il n’y plus de papier dans les chiottes (heureusement ici ils connaissent d’autres méthodes), qu’on est monté sur la falaise histoire d’avoir une vue de dessus, qu’on a passé une bonne partie de la soirée au carré VIP car décidemment Soline & ses amis connaissent les gens qu’il faut connaître, qu’on a passé l’autre partie de la nuit à danser comme des demeurés juste sous les 16 enceintes –et que quoi, hein, je t’entends pas ????- et qu’enfin les Jordaniennes sont vraiment mignonnes en général (après, c’est comme partout y’a des thons aussi), mais
malheureusement souvent intouchables : elles viennent accompagnées, et ne s’éloignent pas trop. Malgré tout ça reste toujours agréable à regarder, et puis il y a des exceptions ! A part ça, le levé de soleil, après une nuit aux milles étoiles, fut assez magique, vu qu’il dévoilait peu à peu les imposantes masses que je devinais lors de l’arrivée. Si on ajoute à ça que les gens continuaient à danser (enfin les vrais, comme moi, les ptits joueurs étant repartis peu à peu), malgré le jour, malgré la fatigue, malgré tout ; bref c’était un grand moment. Cependant, j’ai juste aussi passé les 2 dernières heures à chercher partout William, qui était introuvable, son sac disparu de la tente, son téléphone qui sonne mais ne décroche… pour finalement apprendre quelques heures après, alors que j’étais déjà à l’entrée d’Aqaba, que celui-ci s’était éloigné du camp vers 6h pour aller dormir dans le désert ! C’est d’autant plus marrant que lorsqu’il s’est réveillé vers 10h, tout le monde s’était déjà barré et que donc il s’est un peu retrouvé comme un grand niais au milieu du désert, tout seul ! Bon je vous rassure après 30min de marche il a fini par trouver un camion qui l’a amené direct à Aqaba, où on a pu se retrouver, sur les bords de la Mer Rouge…
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