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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
Suite des aventures du CFO Jordanien...

           A côté de cela, on fait beaucoup de contrôle de gestion, domaine d'autant plus important que nous sommes en contrôle à distance de nos bases, sans jamais aller sur place. Nos méthodes doivent donc d'autant être plus fortes, pour éviter tout risque de dérive. Mon ONG fonctionne ainsi avec une batterie de feuilles excel à mettre à jour (au moins) une fois par mois, qui synthétisent les informations contenues dans la compta (mais diluée). Ces feuilles contrôlent ainsi le montant des avances non encore rendues (avance professionnelle -pour le logisticien par ex. qui doit acheter quelque chose et ne connait pas le prix exact- ou avance personnelle -si l'un de nos employé à besoin d'une partie de son salaire avant la fin du mois), la réconciliation SAGA-livre de compta-monnaie physique, le suivi des budgets, des contrats (et donc des paiements), l'allocation des exptats, des locaux, des locaux (les bureaux et la guest house quoi!), des équipements tel voiture etc., surveillance du montant des dépenses non allouées à un projet (ce qui dans le cas de mon ONG est très dangereux, vu que nous ne possédons pas de fonds propres, mais parfois nécessaire cependant...), contrôle des dépenses courantes, gestion des fonds disponibles et prévision d'utilisation (pour prévenir les cas comme maintenant où on n'a plus que $6,000 en banque). J'ai eu beaucoup de boulot avec ces outils de contrôle, vu que lorsque je suis arrivé ils n'étaient pas à proprement parler dans un état parfait. Il a fallu donc les remettre entièrement à jour, ainsi que les retravailler afin de les rendre plus efficaces. Maintenant que c'est fait, ça devrait être nettement plus facile d'avoir uniquement à les mettre à jour de temps à autre...

             Comme si tout cela ne suffisait pas, je suis aussi responsable de la finance vis à vis de l'extérieur. Que ce soit au début d'un contrat, lorsqu'il faut prévoir un budget pour l'année à venir, ou alors créer les lignes budgétaires, jusqu'à la fin, où l'on présente au donateur nos résultats dans un rapport financier, je dois m'assurer que tout fonctionne bien... ce qui est loin d'être tout le temps le cas. Par exemple, actuellement nous avons beaucoup de difficulté pour être payés par UNICEF, alors que nous avons +$900,000 de dépenses engagées. Les points de mésentente sont multiples, certains de nos contrats présentent des erreurs de dates (ce qui fait que l'employé est payé alors que sont contrat est censé ne plus être valide), ils nous manque des ID ou des contrats pour diverses choses (location de voiture, d'un local etc.), des preuves d'achat (comme le coupon d'un billet d'avion), il y a des erreurs d'allocation voire parfois des dépenses non justifiées (élèves payés lors d'une formation à l'entretien des CU que nous mettons en place par ex.). Mais toutes ces dépenses restent limitées, face aux problème de justification de nos activités réalisées.

             Faisons pour cela un léger retour en arrière. Basiquement sur un projet, il y a deux types de dépense : celles pour les activités (construction d'un réseau d'eau, distribution de kits, formation à l'hygiène...) et celles pour le support de ces activités (salaires, location de voiture, locaux, dépenses courantes, voyages etc.). A la hache, je dirais que sur le budget total les 1ères représentent 70% du budget total et donc les secondes 30%, mais cette répartition dépend des projets bien entendu. Par exemple, notre projet principal, d'une valeur de 3M$ et qui prend fin dans 6 semaines, supporte l'essentiel de nos coûts de fonctionnement. L'autre projet, de 600k$, contient 450k$ juste pour le paiement de l'activité. On peut allouer dessus une partie des salaires des locaux, mais par exemple la ligne pour les salaires des expats ne peut contenir plus de 2 mois de salaire d'un seul expat (pour un projet de 6 mois). L'argent des activités ne fait que transiter par mon ONG. Après devis/appel d'offre national/international (suivant les montants), l'ensemble de la somme va au sous-traitant qui sera chargé de la réaliser.

             Ainsi, dans le cas d'école UNICEF, l'essentiel du montant en jeu provient des activités qui présentent des problèmes, les problèmes de coûts de support étant certes plus nombreux mais à chaque fois d'un montant beaucoup plus limité (de quelques dollars à $1,500 max, alors que les activités représentent des contrats de 30/50/ voire 80k$ d'un coup). Dans le cas particulier des activités, nous avons à présenter au doneur, en plus de facture et de la paperasserie habituelle, un handover (reçu) de la part de l'autorité locale comme quoi le boulot a bien été fait, ainsi qu'un BoQ (Bill Of Quantity, sorte de recueil des spécifications techniques) validés par l'autorité locale et par le sous-traitant. En cas d'absence/erreur dans un de ces 2 documents, le paiement de l'intégralité est bloqué et là ça devient tout de suite très gênant. Dans le cas d'UNICEF, on demande sans relâche à nos bases en Iraq de refaire/corriger/compléter ces documents, de retourner voir les governorate/directorate/municipality/contractors pour refaire signer, retamponner etc. Ca se complique aussi parfois lorsque l'activité a été amendée (modifiée) et que le document n'en fait pas mention etc.

             Bon ça suffira pour aujourd'hui... demain le dernier épisode de la saga mon ONG avec "Mes perspectives professionnelles dans mon ONG".... stay alert !
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
Et voui voilà la fin du feuilleton que vous attendez tous, Brandon va-t-il vendre l'entreprise de papa pour investir dans le pétrole, Cindy va-t-elle avouer à Pedro que leur enfant a été adopté et que l'accouchement n'était qu'une mise en scène, Lays dira-t-elle enfin toute la vérité concernant ces années passées en prison alors qu'elle s'appelait encore Brandon Jr., Kent sera-t-il assez courageux pour passer l'aspirateur et Kevin pour aborder Cynthia, sa demi-cousine par alliance et adoption ???

       Plus sérieusement, je vais commencer, enfin, à parler ici de ce que concrètement fait le CFO, Chief Finance Officer, de ses journées. Pour ceux qui auraient particulièrement aimé la série "professionnelle", je ne serais que vous conseiller de faire des copies dans les prochains jours vu que d'ici une semaine je m'auto-censurerais [fait 13/09/06]. En effet, après en avoir discuté avec plusieurs personnes j'ai fini par prendre consciance qu'il pouvait être dangereux de laisser trop d'informations circuler en accès libre, surtout que grâce à votre soutien constant et bienvenu, mon site devient de plus en plus facile d'accès, notamment sur les moteurs de recherche. Mieux vaux être trop prudent que pas assez comme me le répètais mon tendre père, donc autant prendre ses précautions (sortez protégés, on ne le répèteras jamais assez).

       Donc mon boulot. Je suis CFO, Chief Finance Officer, ou Directeur Financier en VF. J'ai 4 subordonnés [8 désormais, +4 au Liban], 2 Finance Officer (un par base), un Capital Finance Officer (celui que j'ai recruté il y a quelques temps) et une Cashier, ces deux derniers étant basés à Amman avec moi. La cashier (Hala, pour ceux qui ont lu l'article avec la photo) à la responsabilité de la caisse, des vouchers (bon), bref de tous le travail administratif un peu lourd de la finance, beaucoup de paperasserie en perspective ! Le Capital Finance Officer s'occupe de la comptabilité, de rentrer les vouchers dans notre logiciel de compta SAGA (développé par MSF). En plus de cela, même si l'actuel Shadi a encore du mal à s'y mettre, il doit aussi être mon assistant et doit donc être au courant de tout ce qui se passe en finance. Enfin, les deux Finances Officer cumulent les rôles de cashier et de comptable, vu que les bases ne sont pas assez grandes pour avoir deux personnes différentes pour faire le boulot. Ca pourrait d'ailleurs être un probème, vu que la même personne gère l'argent physique et aussi son inscription dans SAGA, il a donc un pouvoir total sur les caisses des bases. Heureusement, il doit régulièrement faire la réconciliation entre les différents systèmes de compta (argent physique, balance du livre de compte, et enfin balance de SAGA), réconciliation qui doit être validée par le chef de base donc à priori le risque est limité (même s'il existe toujours).

          Quant à moi, je dois m'assurer que tout fonctionne bien. Je suis responsable (maître mot de mon travail) de la qualité du travail effectué ainsi que des dérives éventuelles. Je dois vérifier les données rentrées, la pertinences des dépenses effectuées, la justesse de leur allocation (chaque dépense doit être, thériquement, allouée à un projet), gérer le risque financier qu'encours mon ONG au jour le jour. Par exemple, lorsque mon ONG effectue un paiement pour un sous-traitant (contrat pour creuser 4.5km de waterpipe par ex.), généralement d'un montant supérieur à 20, 30k$, je dois m'assurer que celui-ci fournisse bien les documents requis : un payment request avant le paiement (pour montrer j'ai fait x% du boulot, j'ai déjà été payé pour y%, je demande donc un versement supplémentaire fait de telle manière -virement bancaire ou transfert en cash, la plupart du temps), une receipt of payment après (pour qu'il ne puisse pas nous dire 2 semaines après non non, je n'ai pas été payé moi!). Le problème est le même pour la rédaction et la signature des contrats, il faut toujours être sûr que les papiers fournis sont justes d'un point de vue jurdique. J'ai ainsi beaucoup appris depuis 2 mois sur les tampons, les signatures, les papiers à en-tête, les originaux et les copies (nulles en valeur juridique), les détails que doivent contenir tel ou tel documents etc.

             Suite au prochain épisode mes canards...
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
       Attention les mirettes !
mais qu'est ce que nous avons la ? Non, c'est pas vrai ?? Mais si, c'est bien la fine équipe du boulot en entier (enfin il manque Cyril, le coordinateur pays, toujours -vivant?- au Liban).

       Alors, de gauche a droite (restons Francais)(pour ceux qui connaissent Disiz la Peste),
1er plan :
1 Ghazwan : Logisticien, super sympa, Irakien de son état, malheureusement il s'en va dans un mois moins un jour (il a donné sa démission hier, parce qu'il a obtenu un visa pour le canada...). Dommage, il n'aura jamais l'unique chance d'etre un jour mon subordonné, une fois que la finance aura avalé la logistique, les ressources humaines et l'administration... dans quelques mois peut-etre ?
2 Maha : mon ex assistante, une perle, efficace, motivée et tout et tout. Un seul défaut, une petite tendance a endormir les problemes (comme chacun en fait), donc méfiance... A part ca, on rigolait bien avant (c'etait mieux..). C'est d'ailleurs pour son départ qu'on a pris la photo (elle a terminé hier, mais comme on est que tous les 2 a etre autorisés a retirer de l'argent et qu'on a besoin d'etre deux -double signature pour plus de sécurité- elle est gentimment revenu aujourd'hui parcequ'on avait besoin de THUNE !!)
3 Hala : Ma 2ieme assistance, non pas comptable de son état mais cette fois-ci caissiere. Manipule les liasses avec aisance, a une calculette dans la tete (en plus du foulard dessus). D'ailleurs malgré les apparences est aussi une fieffé rigolote, enfin faut juste un peu la pousser mais elle ne réchigne pas a la blague, ca c'est sur...
4 Suzan : La secretaire et aussi la cadette, 21 ans. La rigolote du groupe, un peu trop d'ailleurs. A tendance a venir déconcentrer les autres des qu'elle n'a plus rien a faire (c'est a dire souvent), et comme en plus elle a le rire percant ca devient rapidement pénible. Malgré tout, possede encore le charme de l'innocence (permit aussi par le degré 0 de responsabilité), renforcé par ses maladroits 7 mots de francais et 3 d'espagnol...
5 William : on ne le présente plus, mon room mate, le Reporting Intern, le londonien de londre de la lointaine (et perfide) albion, mon compagnon de rave, de falafel et de Nai's party.
6 Sana : Comme son nom l'indique, la responsable hygiene. Sympa, mais je n'ai pas enormément eu l'occasion de la cotoyer vu que l'hygiene c'est simple (tout le monde sait ca d'ailleurs, n'est-ce pas)(N'EST-CE PAS ????). Non, plus sérieusement, vu que pour le moment  on ne fait qu'acheter des choses (cf. ICI), et que donc on paye a peu pres dans les temps et en une fois, c'est beaucoup moins compliqué que la watsan

2eme plan :
1 Moi : aka El Guapo, El Cascador de la Muerte, el Hombre a la Camisa fantastica y los ojos azul, The Chief Finance Officer de la Muerte aussi, bref le No 2 local ( ie en Iraq) et donc en absence du n0 1 disons pour simplifier El Numero Uno (comme le jeu de carte allemand... auquel on joue aussi en Arabie Saoudite -mais sous un autre nom- qui l'eu crut ?)
2 Shadi : mon nouveau assistant... Australo-Jordanien de son état (promis, je l'ai pas choisi parce qu'il me rappelait les Koalas!), depuis qu'il a obtenu son MBA la-bas et qu'il a travaillé ses premieres années, et donc finalement resté assez longtemps pour obtenir la double nationalté (apparemment c'est plus facile en Australie qu'en France, merci Sarkozi !). A l'air intelligent, mais un peu fainéant. Comme il remplace Maha, il n'a vraiment commencé qu'aujourd'hui donc je verrais a l'usage... Il a 29 ans, et fiancé (devrait etre marrié a son age, c'est louche ca, c'est peut etre un obsédé sexuel ou alors un homo introverti... a enqueter)
3 Hazem : Comme son nom ne l'indique pas, c'est le responsable WatSan (pour Water Sanitation). Tres sympa, adore gueuler au téléphone dans le couloir, on l'entend résonner dans tout l'immeuble. De toute facon quand 2 Arabes parlent ensembles on a l'impression 3/4 qu'ils s'engueulent alors qu'en fait pas du tout, étant tres polis (en général) ils se font tout simplement des échanges de bienséance ! Malgré son apparence aussi, a le meme age que moi... et se marit bientot (j'ai deja assisté a la 1ere étape ICI)
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
                Concernant l’hygiène, nous faisons beaucoup de chose divers et variées. Nous distribuons des kits (avec style savon, brosse à dent, ciseaux etc.), des brochures explicatives, nous organisons des ateliers avec les gens des villages, à partir de la semaine on va même diffuser une pub de 27s deux fois par semaines pour dire aux enfants de ne pas jouer près d’eau croupie. A côté de ça, on a aussi des kits scolaires (avec crayons, cahiers etc.) et des kits de jouets. D’ailleurs dans ses derniers kits, les garçons ont droit à des voitures etc. alors que les filles ont des poupées…. Encore une preuve de la prédestination des genres dans nos sociétés occidentales ! Une dernière anecdote, suite à une remarque que l’écologiste que je suis n’a pas pu s’empêcher de faire : tous ses kits sont très peu cher (on les payes 1$ pièce je crois, alors que le truc est 2x plus gros que les pochettes surprises de nos boulangeries…), il va sans dire que pour ce prix on a pas une qualité d’enfer. Donc tous ces  jolis kits (que ce soit scolaire, hygiène ou jouet) vont très certainement +/- directement se retrouver à la poubelle assez vite, ce qui en Jordanie ou en Iraq signifie dans la décharge à ciel ouvert, 50m plus loin…

Enfin, la particularité des ces projets est qu’ils se font en « Remote control », soit contrôle à distance pour les non-initiés. Et oui je vous rassure tous, c’est comme ça qu’on explique que physiquement je sois en Jordanie alors que mon ONG travaille en Iraq. Le remote control a plusieurs inconvénients. Déjà, il est plus difficile de contrôler la corruption/le copinage/le clientélisme, surtout dans des régions aux fortes traditions claniques. Nos procédures de contrôle doivent donc être particulièrement fortes, afin de limiter au maximum les possibilités de dérapage. C’est d’ailleurs une grande partie de mon boulot, mais j’en parlerais plus en détail dans un prochain post. Ensuite, le remote control est assez frustrant, vu que je ne vois pas physiquement ce pourquoi on travaille. Au final, je pourrais être directeur financier dans n’importe quelle boîte, ça ne changerait pas tellement. Bien sûr, on fait des rapports réguliers, avec de jolies photos et pleins d’explications, le nombre de gens aidés, le nombre de latrines posées etc. mais bon, il n’empêche qu’on est loin de l’imaginaire romantique de l’humanitaire distribuant des sacs de riz à des populations reconnaissantes (en même temps je le savais déjà avant de partir). Enfin, je suis aussi dans la position assez particulière d’un manager qui n’a jamais vu une partie de ses subordonnés. En effet, les deux financiers de Kut et Samawa sont en contact permanent avec moi, par mail, et je ne leur ai jamais parlé et encore moins vu (quoique parlé… avec Ahmed j’ai essayé une fois mais ça n’a pas été une réussite !). C’est pour le moins étrange comme situation, pour moi comme pour eux. Heureusement, il est prévu qu’on se rencontre un de ces quatre au Koweït…

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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
                Ah voilà le post que tout le monde attendait ! Permettez moi par contre de vous prévenir dès le début : étant salarié, je suis tenu par le secret professionnel, je ne vous révélerais donc rien qui ne soit public. Ayant fait l’expérience il y a une semaine déjà des dangers de la publication, je ne voudrais pas refaire 2 fois la même erreur…

Mon ONG est donc présent en Iraq depuis 2003. Si vous vous demandez pourquoi cette date, je vous dirais d’aller voir un médecin, vous perdez la mémoire ou bien la vache folle vous a rattrapé, à moins que ce ne soit Parkinson ou Altzeimer… Nous n’avons jamais été présent que dans le sud, dans le pays à majorité chi'ite. Pas de préférence particulière derrière cela, si ce n’est qu’il faut se rappeler que Saddam était Sunnite et avait privilégié d’une manière générale les Sunnites face aux Chiites (cf la fermeture des vannes d’irrigation lors de la répression d’une révolte…il savait y faire ce Saddam)(avec sa dame aussi d’ailleurs). Donc d’une manière générale, le sud souffrait d’un manque d’équipements plus criant que dans le centre (Sunnite) ou le nord Kurde (déjà quasi indépendant). Mon ONG a ainsi une base à Kut et une autre à Samawa, et en possédaient aussi auparavant à Amara et Nassiryah. Enfin, nous avons aussi 1 personne au Koweït et une autre à Bagdad pour assurer les liaisons, alors que nous comptons ouvrir bientôt à Erbil (Kurdistan).

Mon ONG en Iraq a travaillé principalement dans le domaine de l’eau et de l’hygiène. Dans le domaine de l’eau, mon ONG fait beaucoup d’installation ou de remise en marche de CU, pour Compact Unit. Sous ce terme romantique se cache des mini (enfin 5x2x2m environ) stations de traitement de l’eau. On dit aussi LWTU, pour Water Traitement Unit (le L je sais pas ce qu’il veut dire). En effet, n’oublions pas une chose : malgré notre imaginaire d’occidental gavé d’image de déserts et de berbère à dos de chameaux, Iraq/ex-Mésopotamie, est aussi appelé le croissant fertile, arrosé par le Tigre et l’Euphrate. Il ne s’agit donc pas de créer de l’eau là où il n’y en a pas (comme en Saoudi), mais bien plutôt de rendre les ressources disponibles propres à la consommation. Malheureusement, Saddam ayant contribué à l’installation de nombreuses communautés dans d’anciens marais, suite à leur assèchement l’eau qui parvient aujourd’hui est beaucoup trop chargée en minéraux pour être consommée telle quelle.

A la marge des CU, il faut aussi assurer la pose des conduites d’eau permettant de relier les quartiers, ainsi que les pompes amenant l’eau à la CU, et enfin la maintenance. Mon ONG distribue aussi aux gens des waters tanks pour pouvoir stocker cette eau. Et enfin, nous avons un contrat pour distribuer de l’eau quotidiennement (par camions de 16 et 8,000 litres) aux habitants situés trop loin des sources d’approvisionnement, c’est ce qu’on appelle le Water Trucking.

Suite demain mes poulets…

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