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C'est beau hein !

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Humanitaire

Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
Et voui voilà la fin du feuilleton que vous attendez tous, Brandon va-t-il vendre l'entreprise de papa pour investir dans le pétrole, Cindy va-t-elle avouer à Pedro que leur enfant a été adopté et que l'accouchement n'était qu'une mise en scène, Lays dira-t-elle enfin toute la vérité concernant ces années passées en prison alors qu'elle s'appelait encore Brandon Jr., Kent sera-t-il assez courageux pour passer l'aspirateur et Kevin pour aborder Cynthia, sa demi-cousine par alliance et adoption ???

       Plus sérieusement, je vais commencer, enfin, à parler ici de ce que concrètement fait le CFO, Chief Finance Officer, de ses journées. Pour ceux qui auraient particulièrement aimé la série "professionnelle", je ne serais que vous conseiller de faire des copies dans les prochains jours vu que d'ici une semaine je m'auto-censurerais [fait 13/09/06]. En effet, après en avoir discuté avec plusieurs personnes j'ai fini par prendre consciance qu'il pouvait être dangereux de laisser trop d'informations circuler en accès libre, surtout que grâce à votre soutien constant et bienvenu, mon site devient de plus en plus facile d'accès, notamment sur les moteurs de recherche. Mieux vaux être trop prudent que pas assez comme me le répètais mon tendre père, donc autant prendre ses précautions (sortez protégés, on ne le répèteras jamais assez).

       Donc mon boulot. Je suis CFO, Chief Finance Officer, ou Directeur Financier en VF. J'ai 4 subordonnés [8 désormais, +4 au Liban], 2 Finance Officer (un par base), un Capital Finance Officer (celui que j'ai recruté il y a quelques temps) et une Cashier, ces deux derniers étant basés à Amman avec moi. La cashier (Hala, pour ceux qui ont lu l'article avec la photo) à la responsabilité de la caisse, des vouchers (bon), bref de tous le travail administratif un peu lourd de la finance, beaucoup de paperasserie en perspective ! Le Capital Finance Officer s'occupe de la comptabilité, de rentrer les vouchers dans notre logiciel de compta SAGA (développé par MSF). En plus de cela, même si l'actuel Shadi a encore du mal à s'y mettre, il doit aussi être mon assistant et doit donc être au courant de tout ce qui se passe en finance. Enfin, les deux Finances Officer cumulent les rôles de cashier et de comptable, vu que les bases ne sont pas assez grandes pour avoir deux personnes différentes pour faire le boulot. Ca pourrait d'ailleurs être un probème, vu que la même personne gère l'argent physique et aussi son inscription dans SAGA, il a donc un pouvoir total sur les caisses des bases. Heureusement, il doit régulièrement faire la réconciliation entre les différents systèmes de compta (argent physique, balance du livre de compte, et enfin balance de SAGA), réconciliation qui doit être validée par le chef de base donc à priori le risque est limité (même s'il existe toujours).

          Quant à moi, je dois m'assurer que tout fonctionne bien. Je suis responsable (maître mot de mon travail) de la qualité du travail effectué ainsi que des dérives éventuelles. Je dois vérifier les données rentrées, la pertinences des dépenses effectuées, la justesse de leur allocation (chaque dépense doit être, thériquement, allouée à un projet), gérer le risque financier qu'encours mon ONG au jour le jour. Par exemple, lorsque mon ONG effectue un paiement pour un sous-traitant (contrat pour creuser 4.5km de waterpipe par ex.), généralement d'un montant supérieur à 20, 30k$, je dois m'assurer que celui-ci fournisse bien les documents requis : un payment request avant le paiement (pour montrer j'ai fait x% du boulot, j'ai déjà été payé pour y%, je demande donc un versement supplémentaire fait de telle manière -virement bancaire ou transfert en cash, la plupart du temps), une receipt of payment après (pour qu'il ne puisse pas nous dire 2 semaines après non non, je n'ai pas été payé moi!). Le problème est le même pour la rédaction et la signature des contrats, il faut toujours être sûr que les papiers fournis sont justes d'un point de vue jurdique. J'ai ainsi beaucoup appris depuis 2 mois sur les tampons, les signatures, les papiers à en-tête, les originaux et les copies (nulles en valeur juridique), les détails que doivent contenir tel ou tel documents etc.

             Suite au prochain épisode mes canards...
Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
Suite des aventures du CFO Jordanien...

           A côté de cela, on fait beaucoup de contrôle de gestion, domaine d'autant plus important que nous sommes en contrôle à distance de nos bases, sans jamais aller sur place. Nos méthodes doivent donc d'autant être plus fortes, pour éviter tout risque de dérive. Mon ONG fonctionne ainsi avec une batterie de feuilles excel à mettre à jour (au moins) une fois par mois, qui synthétisent les informations contenues dans la compta (mais diluée). Ces feuilles contrôlent ainsi le montant des avances non encore rendues (avance professionnelle -pour le logisticien par ex. qui doit acheter quelque chose et ne connait pas le prix exact- ou avance personnelle -si l'un de nos employé à besoin d'une partie de son salaire avant la fin du mois), la réconciliation SAGA-livre de compta-monnaie physique, le suivi des budgets, des contrats (et donc des paiements), l'allocation des exptats, des locaux, des locaux (les bureaux et la guest house quoi!), des équipements tel voiture etc., surveillance du montant des dépenses non allouées à un projet (ce qui dans le cas de mon ONG est très dangereux, vu que nous ne possédons pas de fonds propres, mais parfois nécessaire cependant...), contrôle des dépenses courantes, gestion des fonds disponibles et prévision d'utilisation (pour prévenir les cas comme maintenant où on n'a plus que $6,000 en banque). J'ai eu beaucoup de boulot avec ces outils de contrôle, vu que lorsque je suis arrivé ils n'étaient pas à proprement parler dans un état parfait. Il a fallu donc les remettre entièrement à jour, ainsi que les retravailler afin de les rendre plus efficaces. Maintenant que c'est fait, ça devrait être nettement plus facile d'avoir uniquement à les mettre à jour de temps à autre...

             Comme si tout cela ne suffisait pas, je suis aussi responsable de la finance vis à vis de l'extérieur. Que ce soit au début d'un contrat, lorsqu'il faut prévoir un budget pour l'année à venir, ou alors créer les lignes budgétaires, jusqu'à la fin, où l'on présente au donateur nos résultats dans un rapport financier, je dois m'assurer que tout fonctionne bien... ce qui est loin d'être tout le temps le cas. Par exemple, actuellement nous avons beaucoup de difficulté pour être payés par UNICEF, alors que nous avons +$900,000 de dépenses engagées. Les points de mésentente sont multiples, certains de nos contrats présentent des erreurs de dates (ce qui fait que l'employé est payé alors que sont contrat est censé ne plus être valide), ils nous manque des ID ou des contrats pour diverses choses (location de voiture, d'un local etc.), des preuves d'achat (comme le coupon d'un billet d'avion), il y a des erreurs d'allocation voire parfois des dépenses non justifiées (élèves payés lors d'une formation à l'entretien des CU que nous mettons en place par ex.). Mais toutes ces dépenses restent limitées, face aux problème de justification de nos activités réalisées.

             Faisons pour cela un léger retour en arrière. Basiquement sur un projet, il y a deux types de dépense : celles pour les activités (construction d'un réseau d'eau, distribution de kits, formation à l'hygiène...) et celles pour le support de ces activités (salaires, location de voiture, locaux, dépenses courantes, voyages etc.). A la hache, je dirais que sur le budget total les 1ères représentent 70% du budget total et donc les secondes 30%, mais cette répartition dépend des projets bien entendu. Par exemple, notre projet principal, d'une valeur de 3M$ et qui prend fin dans 6 semaines, supporte l'essentiel de nos coûts de fonctionnement. L'autre projet, de 600k$, contient 450k$ juste pour le paiement de l'activité. On peut allouer dessus une partie des salaires des locaux, mais par exemple la ligne pour les salaires des expats ne peut contenir plus de 2 mois de salaire d'un seul expat (pour un projet de 6 mois). L'argent des activités ne fait que transiter par mon ONG. Après devis/appel d'offre national/international (suivant les montants), l'ensemble de la somme va au sous-traitant qui sera chargé de la réaliser.

             Ainsi, dans le cas d'école UNICEF, l'essentiel du montant en jeu provient des activités qui présentent des problèmes, les problèmes de coûts de support étant certes plus nombreux mais à chaque fois d'un montant beaucoup plus limité (de quelques dollars à $1,500 max, alors que les activités représentent des contrats de 30/50/ voire 80k$ d'un coup). Dans le cas particulier des activités, nous avons à présenter au doneur, en plus de facture et de la paperasserie habituelle, un handover (reçu) de la part de l'autorité locale comme quoi le boulot a bien été fait, ainsi qu'un BoQ (Bill Of Quantity, sorte de recueil des spécifications techniques) validés par l'autorité locale et par le sous-traitant. En cas d'absence/erreur dans un de ces 2 documents, le paiement de l'intégralité est bloqué et là ça devient tout de suite très gênant. Dans le cas d'UNICEF, on demande sans relâche à nos bases en Iraq de refaire/corriger/compléter ces documents, de retourner voir les governorate/directorate/municipality/contractors pour refaire signer, retamponner etc. Ca se complique aussi parfois lorsque l'activité a été amendée (modifiée) et que le document n'en fait pas mention etc.

             Bon ça suffira pour aujourd'hui... demain le dernier épisode de la saga mon ONG avec "Mes perspectives professionnelles dans mon ONG".... stay alert !
Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /2008 22:56
Pas de commentaires pour le moment...plus tard peut-etre, mais en 1er les photos

Une latrine du camp... Sympa hein?

Une des habitations: des baches, des couvertures en guise de murs

Une vue generale du camp: 189 familles y vivent

Et en arriere plan, on peut voir Suleimaniyah (2ieme ville du Kurdistan)
Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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