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Humanitaire

Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /2006 00:00
Juste un petit post pour vous dire que mon avion vient d'atterir (enfin, ya 3h quoi) a Amman, et que me voila donc de retour sain et sauf sur le stable sol jordanien. D'ailleurs, pour les inquiets, les angoisséschroniques et mes parents, je tiens a vous préciser que le Liban n'est pas dans un état aussi catastrophique qu'on veut nous le faire croire, je me suis baladé hier et aujourd'hui au beau milieu des manifestant qui sont loin d'etre agressifs. Malheureusement, ca ne veut pas pour autant dire que le mouvement puisse dégénérer, et ce tres rapidement, si un accident arrive (comme le garcon tué le week-end dernier) ou que l'opposition décide de durcir le mouvement pour éviter l'enlisement.

    J'écrirais plus en détail d'ici quelques jours (et j'aurais les photos...), mais encore une fois Beirut est certes sous tension, mais pas en état de guerre civile...il y a une marge entre les deux, et espérons que cette marge continuera d'exister dans les prochaines semaines.
Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
            Allez un sujet bien dans l’air du temps, en ce lundi matinal…même si en fait j’écris l’article ce dimanche soir, à 23h56, voyez comme je suis courageux ! Alors qu’en plus je suis sûr que pour la majorité des lecteurs vous êtes tranquillement sous vos draps, à rêver d’un glaçon géant ou de Mr Freeze, bande d’infidèles ! Mais n’ayez crainte, je ne le dirais pas à vos novio/novia respectifs, à moins bien sûr que eux aussi fassent partie des accros du blog, malheureusement de plus en plus nombreux (Mais que fait Amnesty ??).

          
Bon parlons peu, parlons pro : désormais dans la place pour ma 2ième semaine, je connais mieux le fonctionnement interne de mon ONG et les actions menées en Iraq. Commençons par l’agréable, ie les gens que nous sauvons chaque jours d’une mort certaine. Mon ONG mène en Irak deux types de projets principaux : un d’éducation à la santé/hygiène, un autre de WatSan pour Water Sanitation pour ceux qui parlent la langue de Blair.

Le 1er type est relativement simple, il s’agit de produire des brochures, des calendriers, n’importe quel support donnant des conseils simples sur la façon de se brosser les dents, de se laver les mains avant de manger et autres joyeusetés. Personnellement je doute un poil de l’efficacité de ces mesurettes, après tout l’Iraq n’est pas le Soudan non plus….mais bon aussi longtemps qu’il y aura des bailleurs pour ce type de projet il y aura des ONG pour y répondre, ce qui amènera mes réflexions (comme une flaque d’eau) plus loin.

Le 2nd type est beaucoup plus complexe à mettre en œuvre, vu qu’il concerne du dur : installation/réhabilitation de Compact Unit, sorte de mini station d’épuration (enfin mini, ça fait quand même 15m de long) dans les communautés, installation de conduits d’adduction, de latrines, de réservoirs etc. Bref de la WatSan comme on dit quand on est fashion dans le milieu humanitaire. Enfin, ces bons payeurs de Japonais nous branchent aussi pour amener de l’eau directement par camion, avec un nouveau projet de 300k$ tous les 6 mois, on en est au 5ième (soit en comptant les retard à la fin de la 3ème année). Ca nous permet d’apporter de l’eau aux villages les plus isolés, mais aussi de mettre en œuvre une solution qu’elle est vachement développement durable, une notion encore assez confuse ici (de toute façon seule la décroissance nous sauvera, le DD est un faux nez de cette société consumériste qui nous tuera tous !).

Nos bailleurs en Iraq sont actuellement :

_ Le XxXX (Minister of Foreign Affair) d'un pays de la coalition, qui paie en début de projet et sans trop vérifier l’utilisation des fonds donc ils sont cools ces Jap's malgré qu’ils fassent des voitures qui envahissent le monde.

_ XXXXX, pour ceux qui connaissent/agence de l’ONU pour les gosses, pour ceux qui connaissent pas. Eux c’est l’inverse, ils sont super pénibles, à tous vouloir vérifier, demandant l’original de tous les documents fournis (factures, coupons, reçus, certificat de travail effectués par les autorités locales, toutes les traces des appels d’offre & devis demandé, bref une tonne et demi de paperasse, pire que l’administration française !) ; pour info ils nous doivent quand même 1.5millions de $, et ils pinaillent parce qu’il manque un certificat pour un travail de 500$ ou une facture de 200$...Mais bon on devrait avoir notre fric sous peu…au pire en volant un des nombreux 4x4 rutilant qui emplissent leur parking (comme dans les films)

_ XXXX/XXXX : XxXX c’est comme des fonds réservés à l’humanitaire par les USA/Europe selon le cas, pour l’urgence ou le développement selon le cas aussi (je ne suis pas très imaginatif ce soir). Bref, mon ONG a globalement de bons rapport avec eux au niveau mondial, ce qui fait d’ailleurs qu’une pauvre ONG française a réussi a avoir des fonds pour l’Iraq alors que normalement c’est pas trop possible (d’ailleurs tous ne sont pas d’accord pour filer de la thune à ces singes couards et pleurnicheur que nous sommes).

_ XXX : est une organisation un peu hybride, vu qu’elle ne dépend pas des UN –ce qui n’est pas un mal en fait- et qu’elle repose apparemment sur des fonds privés. Je n’en sais pas plus sur eux pour le moment, mis à part qu’eux aussi nous saoulent pour une boîte de médocs qu’ils nous avait prêté il y a 2 ans ½, et résultat ils bloquent un versement de 500k$ c’est sympa…

Enfin, pour terminer ce long post, une remarque globale sur mon ONG face aux autres grosses ONG française (type MSF, MdM, ACF etc.). Dans mon ONG, on travaille par projet, avec un financement à 97% institutionnel, ce qui veut dire au quotidien que si aucun bailleur n’a de budget/projet pour telle partie du monde, mon ONG est dans l’incapacité totale d’y aller, même si le coin est sympa et qu’on y mange bien. Nous sommes donc globalement extrêmement tributaire des institutions, ce qui par exemple explique notre présence en Asie du sud-est depuis le tsunami.

A l’inverse, cela a pour immense avantage que nous ne pouvons faire ce que nous voulons avec nos fonds, vu que nos bailleurs nous contrôlent jusqu’au blanc des yeux. Etant un donateur pour MsF et Aide&Action depuis quelques années, je peux vous dire que (même si je leur maintiens ma confiance) que en fait ils pourraient faire à peu près ce qu’ils voudraient avec notre fric (cf. ARC), peu de personne sans apercevrait (cf. d’ailleurs le luxe du siège de MsF ou de la Croix Rouge à Paris), se contentant de regarder le camembert mensuel : ahh seulement 15% de mon argent sert au fonctionnement, les 85% restant vont sur le terrain, ahhh c’est bien ça non ??

Bon allez pour les courageux du fond, un scoop : dans un prochain post je vous parlerais des légions de consultant pour les UN, de la misère qui nous fait vivre, de la dualité expat’/locaux (si vrai dans mon cas en plus), de sexe, de pouvoir et de drogues… A venir !

Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
        Non en fait ici bientot un nouveau poste sur les ONG francaises, en attendant voici des stats pour les matheux :


Budget 2004 France (M€)
1 Medecin sans Frontieres 145
2 Handicap International 52
3 Medecin du Monde 45
4 Action Contre la Faim 41
5 ACTED 26
6 Premiere Urgence 17

Enfant afghan sur un sac d'intrants agricoles

        Si vous voulez que mon ONG reste dans la course, vous pouvez envoyer un SMS au 6366 (px du SMS + 0.34cts€) en envoyant ONG + le numéro de votre choix !


        Plus sérieusement :

Par chèque
A l'ordre de mon ONG, accompagné du coupon qu'il vous suffit d'imprimer, de remplir et de renvoyer à 33, rue Godot de Mauroy, F-75009 Paris

Par virement
Sur notre compte CCP 020 276 1895 R Paris

Don en ligne
Pour donner en toute simplicité tout en limitant les coûts de traitement, vous pouvez faire un don directement depuis notre site Internet.
Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00

You have 10 minutes for this test. You must provide us at the end of this time with an excel sheet, which will be printed. After you will have finished the test, we will discuss with you about your answers.

 

Part One:

 
A_C_T_E_D have foreseen the spending of 350,000 USD on different lines directly related to these activities.  As part of its primary budget forecasting, the allocation of funds were as following:

_30% on pipeline extension,

_25% on distribution of water tanks,

_35% on distribution of waste metallic containers,

_10% on support staff and cost.

 

 

1)      By using Excel, please precise the amount to be allocated to each of these lines.

 

 

After a call for tender, two contractors P1 and P2 were chosen on a 40%-60% basis for the activity “pipeline”. In accordance with A_C_T_E_D policies, it was decided to pay at the end of the week an advance which reaches 10% of the amount of the contract. Once 30% of work has been achieved at the end of the month, a further 25% would be paid.

 

 

2)      Precise, for each contractor, the amount to be paid at the end of the week and the amount foreseen to be paid at the end of the month.

 

 

 

Part Two:

 

How would you enter the following transactions on a cash flow excel sheet:

 

  • Balance is 5,000USD on August 1st, 2006.
  • A_C_T_E_D received an installment from one of its donors amounting up to 10,000 USD on August 15th.
  • A_C_T_E_D paid to one of its contractors a further 30% installment (total amount of the contract 75,000 USD) on August 2nd.
  • A_C_T_E_D paid for the office monthly rent an amount of 1,020 JOD (exchange rate: 1USD = 0.709JOD), on August 10th.

 

 

3)      What is the balance at the end of the month?

 

Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
       Waouh me diront certains, d'autres ne diront rien, quelques uns seulement comprendront....

        En fait l'exploit vient du fait que je ne suis pas sense pouvoir conduire ici, ca fait en fait partie de mon contrat avec mon ONG, ils m'ont interdit d'excercer mes talents de pilote (1er de ma promo au Kart lors du week-end de désintégration, rappelons le...) comme a tous leurs expat de par le monde. La raison en est que si jamais il m'arrivait d'écraser un local, je pourrais assez vite me faire lapider par une foule en colere (est-ce si vrai que ca ?? Je veux dire, meme si j'ai souvent lu dans des guides touristiques que dans ce cas la meilleure chose a faire est de s'enfuir au commissariat le plus proche, honnetement je ne suis pas sur que cela soit si extreme que ca... et puis franchement, est-ce, meme dans ces pays, on ecrase quelqu'un si souvent que ca ???). Donc par securite personne n'a le droit de conduire. Mouais, enfin je pense aussi que c'est surtout pour se couvrir, vu qu'un de leur employe s'est tué au volant dans les dernieres annees... Statistiquement parlant, je pense d'ailleurs qu'il est plus probable de se tuer que de tuer quelqu'un d'autre, enfin bon.

       Donc je n'avais formellement pas le droit de conduire (c'est meme ecrit dans mon contrat). Donc quelle ne fut pas ma surprise de voir Cyril prendre le volant, le 1er soir de mon arrivée a Amman? Vous tous qui me connaissez, vous savez que j'ai une haute idée des lois, des reglements et de la morale, et qu'il ne me vient meme pas a l'idée de transgresser la moindre chose. Aussi eu-je besoin de 3 semaines pour me remettre de cette vision apocalyptique, de quelqu'un ignorant aussi cranement la Loi. Malheureusement, j'ai compris hier soir, une fois au volant, que surement lors de mon arrivee j'eus été contaminé (a vous de jouer, les Ayatollah de l'orthographe) par ce coté obscure, par cette demoniaque fievre qui pousse les gens a contester, a rouspiller, a gruger, a voler, a tuer. Aussi lorsque le driver m'a amené a Shmeisani (c'est aussi le quartier ou je travaille) a 9h00, et ou je savais rester +2h (donc apres 11h), et que j'ai proposé a celui-ci de rentrer (vu que ca servait a rien qu'il m'attendent), et que celui-ci m'a proposé la voiture (tel le malin proposant la pomme d'Adam a Eve ou l'inverse), nous sommes naturellement tombé sur un accord (pas tel Israel proposant le retrait du Hizbollah au dela du fleuve Litani au Liban).

       A 11h, apres avoir un peu bu (du jus de gauava)(je vous laisse deviner le fruit), je suis donc rentré, bravant les chauffards fou d'Amman, ses voies mystérieuses et biscornues, retrouvant presque naturellement mon chemin dans le dédale des Jebels et des voies rapides... Bref, hier soir un miracle a eut lieu !
Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
                Mon ONG , dont je tairais le nom pour des raisons de confidentialité, est une association crée en Afghanistan en 1993 par des travailleurs de l’humanitaire. Dieu seul sait ce qu’ils faisaient là-bas, en tout cas personnellement je n’en ai aucune idée. L’association s’est alors progressivement développée, d’abord dans la région (1996 : Tadjikistan, Ouzbékistan, Kirghizstan), puis logiquement (si j’ose dire) dans les régions traditionnellement dépendantes des ONG, en Afrique avec la RDC (1997) et en Amérique centrale (1998) avec le Nicaragua et Haïti/Rep. Dominicaine.
           
                S’ensuit un « trou » de 5 ans, pendant lesquels l’association n’ouvre plus de nouvelles bases. Même si je n’en ai qu’une vague idée, je pense que la raison principale est que la croissance s’était effectuée trop vite : le siège était alors quasi-inexistant, on ne travaille pas de la même façon dans la steppe Africaine ou la jungles latino-américaine que dans les montagnes Afghanes ; bref il fallait le temps de poser les choses. Surtout qu’à partir de 2001, la chute des talibans et l’effort de reconstruction de la communauté internationale en Afghanistan a du apporter beaucoup de financements, de projets  et donc de boulot.

Je pense d’ailleurs en mon fort intérieur que c’est les attentats du 11 septembre qui ont, après moult conséquences, permis à mon ONG de se développer jusqu’à devenir aujourd’hui la 5ième ONG française (même si mon ONG souffre d’un problème de visibilité), l’afflux soudain de projets ayant dégagé les moyens financiers permettant l’implantation dans d’autres pays.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Iraq suit immédiatement après (2003), puis le Tchad et le Soudan en 2004 (crise du Darfour), et enfin le sud-est asiatique (Inde, Sri Lanka, Indonésie) en 2005 suite au Tsunami. Toutes ces crises ont bénéficiées d’importants financements, dont a besoin mon ONG pour agir. Aujourd’hui, mon ONGE est présente dans 17 [+1 depuis le Liban] pays, emploie 100 expats et +2000 ‘locaux’, et s’occupe de projets divers et variés, allant de l’urgence au développement en passant par la réhabilitation, dans des domaines tels que la sécurité alimentaire, l’eau (potable, mais aussi sanitaire, traitement), la promotion culturelle, l’éducation à la santé, le soutien institutionnel et même la micro finance (création d’une ‘filiale’ dédiée, Oxus Development Network).

Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
                La façon dont s’est développée mon ONG m’amène à soulever une des particularités que ne possèdent pas les autres majors françaises (MSF, MdM, ACF, Handicap) ou alors, à des degrés moindres. Ces organisations bénéficient en effet d’une large notoriété, qui leur permet de lever l’essentiel de leurs fonds via le financement privé. Ce financement les autorise à s’affranchir des contraintes des bailleurs de fond, vu que les particuliers conditionnement rarement leur fonds à une utilisation particulière.

Tel n’est pas le cas de la majorité des ONG, qui vivent des subsides de l’aide internationales (ECHO, EuropAid pour l’Europe, UsAid pour les Etats-Unis, plus toutes les agences des UN, les aides bilatérales via les MAE - Ministère des Affaires Etrangères, les organismes internationaux tels que IOM, Croix Rouge, Caritas etc.). Ces aides sont plus ou moins conditionnées, avec ou sans arrières pensées politiques/économiques/militaires, malgré tout ce sont elles qui représentent l’essentiel des fonds disponibles. Ce sont aussi ces fonds internationaux qui font vivre une myriade d’ONG, dont la plupart sont plutôt petites voire microscopiques (de ce que j’ai vu lors de mes recherches d’emplois en tout cas).

En fait, le système est ainsi fait que les Etats dégage des fonds, qu’ils transmettent a différents organismes chargés de les redistribuer (UN, commissions, MAE…), qui eux-mêmes les accordent à des sous-traitants, les ONG, qui exécutent le boulot (et font parfois elles-mêmes appel a des sous-traitants, que ce soit d’autres ONG pour remplir des missions, ou des exécutants pour construire/distribuer/former etc.). L’avantage de ce système est qu’il permet une diversité, que ce soit géographique ou dans les domaines d’applications ; ce que ne permettrait pas un nombre restreint de grosses ONG. Le principal désavantage est bien entendu une dispersion des ressources (déjà insuffisantes), une multiplication des échelons, des intervenants etc. Par exemple lors du Tsunami, l’afflux de fonds a été tel que les ONG se sont souvent retrouvée plusieurs à faire le même boulot au même endroit. Il fallait bien dépenser les sous !

Les ONG importantes disposent ainsi d’une liberté d’action que peu de leurs consoeurs obtiennent. Elles peuvent ainsi bénéficier d’une indépendance et d’une liberté d’action, qui devraient être totales mais malheureusement ne le sont pas toujours. Il y a bien sûr les conditions de sécurité minimum, qui ne sont pas toujours présente lorsqu’en dernier recours les huma aussi sont pris pour cibles (que ce soit des locaux ou des expats). De même, les particuliers ont comme les états leurs propres centres d’intérêts, qui a défaut d’être politiques ou militaires sont plutôt médiatiques. Ainsi, le Tsunami (encore lui) a généré plus de fond qu’il n’en fallait (date proche de noël, existence de films/images largement diffusés, soudaineté et nombre élevé de mort) ; alors que d’autres causes (paludisme, sida, génocide Tibétain, ségrégation des femmes un peu partout, pour n’en citer que quelques uns) sont des causes sûrement plus importantes mais qui peinent hélas à intéresser les foules…

A l’inverse, l’avantage d’être dépendant d’un donneur est que les fonds dépensés sont, de manière générale, très contrôlés. La plupart des donneurs demande des comptes, il faut que chaque dépense soit justifiée et les prix légitimés par des devis ou des appels d’offres. A l’inverse (et c’est un donneur de longue date de MSF qui le dit), les fonds d’origine privée ne demandent aucune preuve de bonne utilisation, si ce n’est un joli camembert  sur la revue mensuelle de l’organisation pour dire que 85% des fonds vont sur le terrain (ok, mais si ces 85% servent a payer la piscine des expats ont est pas avancé). La meilleure preuve en est le scandale de l’ARC, qui montre les failles du système. Même si aujourd’hui les principales ONG ont réagi par des procédures de contrôle renforcées, la perte de confiance du public étant un danger majeur, il n’empêche que tout contrôle a ses failles et que le contrôle du public sera toujours moins vigilant que celui de bailleurs institutionnels dont justement la tâche consiste à sélectionner les ONG et à les contrôler.

Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
                Ah voilà le post que tout le monde attendait ! Permettez moi par contre de vous prévenir dès le début : étant salarié, je suis tenu par le secret professionnel, je ne vous révélerais donc rien qui ne soit public. Ayant fait l’expérience il y a une semaine déjà des dangers de la publication, je ne voudrais pas refaire 2 fois la même erreur…

Mon ONG est donc présent en Iraq depuis 2003. Si vous vous demandez pourquoi cette date, je vous dirais d’aller voir un médecin, vous perdez la mémoire ou bien la vache folle vous a rattrapé, à moins que ce ne soit Parkinson ou Altzeimer… Nous n’avons jamais été présent que dans le sud, dans le pays à majorité chi'ite. Pas de préférence particulière derrière cela, si ce n’est qu’il faut se rappeler que Saddam était Sunnite et avait privilégié d’une manière générale les Sunnites face aux Chiites (cf la fermeture des vannes d’irrigation lors de la répression d’une révolte…il savait y faire ce Saddam)(avec sa dame aussi d’ailleurs). Donc d’une manière générale, le sud souffrait d’un manque d’équipements plus criant que dans le centre (Sunnite) ou le nord Kurde (déjà quasi indépendant). Mon ONG a ainsi une base à Kut et une autre à Samawa, et en possédaient aussi auparavant à Amara et Nassiryah. Enfin, nous avons aussi 1 personne au Koweït et une autre à Bagdad pour assurer les liaisons, alors que nous comptons ouvrir bientôt à Erbil (Kurdistan).

Mon ONG en Iraq a travaillé principalement dans le domaine de l’eau et de l’hygiène. Dans le domaine de l’eau, mon ONG fait beaucoup d’installation ou de remise en marche de CU, pour Compact Unit. Sous ce terme romantique se cache des mini (enfin 5x2x2m environ) stations de traitement de l’eau. On dit aussi LWTU, pour Water Traitement Unit (le L je sais pas ce qu’il veut dire). En effet, n’oublions pas une chose : malgré notre imaginaire d’occidental gavé d’image de déserts et de berbère à dos de chameaux, Iraq/ex-Mésopotamie, est aussi appelé le croissant fertile, arrosé par le Tigre et l’Euphrate. Il ne s’agit donc pas de créer de l’eau là où il n’y en a pas (comme en Saoudi), mais bien plutôt de rendre les ressources disponibles propres à la consommation. Malheureusement, Saddam ayant contribué à l’installation de nombreuses communautés dans d’anciens marais, suite à leur assèchement l’eau qui parvient aujourd’hui est beaucoup trop chargée en minéraux pour être consommée telle quelle.

A la marge des CU, il faut aussi assurer la pose des conduites d’eau permettant de relier les quartiers, ainsi que les pompes amenant l’eau à la CU, et enfin la maintenance. Mon ONG distribue aussi aux gens des waters tanks pour pouvoir stocker cette eau. Et enfin, nous avons un contrat pour distribuer de l’eau quotidiennement (par camions de 16 et 8,000 litres) aux habitants situés trop loin des sources d’approvisionnement, c’est ce qu’on appelle le Water Trucking.

Suite demain mes poulets…

Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
                Concernant l’hygiène, nous faisons beaucoup de chose divers et variées. Nous distribuons des kits (avec style savon, brosse à dent, ciseaux etc.), des brochures explicatives, nous organisons des ateliers avec les gens des villages, à partir de la semaine on va même diffuser une pub de 27s deux fois par semaines pour dire aux enfants de ne pas jouer près d’eau croupie. A côté de ça, on a aussi des kits scolaires (avec crayons, cahiers etc.) et des kits de jouets. D’ailleurs dans ses derniers kits, les garçons ont droit à des voitures etc. alors que les filles ont des poupées…. Encore une preuve de la prédestination des genres dans nos sociétés occidentales ! Une dernière anecdote, suite à une remarque que l’écologiste que je suis n’a pas pu s’empêcher de faire : tous ses kits sont très peu cher (on les payes 1$ pièce je crois, alors que le truc est 2x plus gros que les pochettes surprises de nos boulangeries…), il va sans dire que pour ce prix on a pas une qualité d’enfer. Donc tous ces  jolis kits (que ce soit scolaire, hygiène ou jouet) vont très certainement +/- directement se retrouver à la poubelle assez vite, ce qui en Jordanie ou en Iraq signifie dans la décharge à ciel ouvert, 50m plus loin…

Enfin, la particularité des ces projets est qu’ils se font en « Remote control », soit contrôle à distance pour les non-initiés. Et oui je vous rassure tous, c’est comme ça qu’on explique que physiquement je sois en Jordanie alors que mon ONG travaille en Iraq. Le remote control a plusieurs inconvénients. Déjà, il est plus difficile de contrôler la corruption/le copinage/le clientélisme, surtout dans des régions aux fortes traditions claniques. Nos procédures de contrôle doivent donc être particulièrement fortes, afin de limiter au maximum les possibilités de dérapage. C’est d’ailleurs une grande partie de mon boulot, mais j’en parlerais plus en détail dans un prochain post. Ensuite, le remote control est assez frustrant, vu que je ne vois pas physiquement ce pourquoi on travaille. Au final, je pourrais être directeur financier dans n’importe quelle boîte, ça ne changerait pas tellement. Bien sûr, on fait des rapports réguliers, avec de jolies photos et pleins d’explications, le nombre de gens aidés, le nombre de latrines posées etc. mais bon, il n’empêche qu’on est loin de l’imaginaire romantique de l’humanitaire distribuant des sacs de riz à des populations reconnaissantes (en même temps je le savais déjà avant de partir). Enfin, je suis aussi dans la position assez particulière d’un manager qui n’a jamais vu une partie de ses subordonnés. En effet, les deux financiers de Kut et Samawa sont en contact permanent avec moi, par mail, et je ne leur ai jamais parlé et encore moins vu (quoique parlé… avec Ahmed j’ai essayé une fois mais ça n’a pas été une réussite !). C’est pour le moins étrange comme situation, pour moi comme pour eux. Heureusement, il est prévu qu’on se rencontre un de ces quatre au Koweït…

Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 00:00
       Attention les mirettes !
mais qu'est ce que nous avons la ? Non, c'est pas vrai ?? Mais si, c'est bien la fine équipe du boulot en entier (enfin il manque Cyril, le coordinateur pays, toujours -vivant?- au Liban).

       Alors, de gauche a droite (restons Francais)(pour ceux qui connaissent Disiz la Peste),
1er plan :
1 Ghazwan : Logisticien, super sympa, Irakien de son état, malheureusement il s'en va dans un mois moins un jour (il a donné sa démission hier, parce qu'il a obtenu un visa pour le canada...). Dommage, il n'aura jamais l'unique chance d'etre un jour mon subordonné, une fois que la finance aura avalé la logistique, les ressources humaines et l'administration... dans quelques mois peut-etre ?
2 Maha : mon ex assistante, une perle, efficace, motivée et tout et tout. Un seul défaut, une petite tendance a endormir les problemes (comme chacun en fait), donc méfiance... A part ca, on rigolait bien avant (c'etait mieux..). C'est d'ailleurs pour son départ qu'on a pris la photo (elle a terminé hier, mais comme on est que tous les 2 a etre autorisés a retirer de l'argent et qu'on a besoin d'etre deux -double signature pour plus de sécurité- elle est gentimment revenu aujourd'hui parcequ'on avait besoin de THUNE !!)
3 Hala : Ma 2ieme assistance, non pas comptable de son état mais cette fois-ci caissiere. Manipule les liasses avec aisance, a une calculette dans la tete (en plus du foulard dessus). D'ailleurs malgré les apparences est aussi une fieffé rigolote, enfin faut juste un peu la pousser mais elle ne réchigne pas a la blague, ca c'est sur...
4 Suzan : La secretaire et aussi la cadette, 21 ans. La rigolote du groupe, un peu trop d'ailleurs. A tendance a venir déconcentrer les autres des qu'elle n'a plus rien a faire (c'est a dire souvent), et comme en plus elle a le rire percant ca devient rapidement pénible. Malgré tout, possede encore le charme de l'innocence (permit aussi par le degré 0 de responsabilité), renforcé par ses maladroits 7 mots de francais et 3 d'espagnol...
5 William : on ne le présente plus, mon room mate, le Reporting Intern, le londonien de londre de la lointaine (et perfide) albion, mon compagnon de rave, de falafel et de Nai's party.
6 Sana : Comme son nom l'indique, la responsable hygiene. Sympa, mais je n'ai pas enormément eu l'occasion de la cotoyer vu que l'hygiene c'est simple (tout le monde sait ca d'ailleurs, n'est-ce pas)(N'EST-CE PAS ????). Non, plus sérieusement, vu que pour le moment  on ne fait qu'acheter des choses (cf. ICI), et que donc on paye a peu pres dans les temps et en une fois, c'est beaucoup moins compliqué que la watsan

2eme plan :
1 Moi : aka El Guapo, El Cascador de la Muerte, el Hombre a la Camisa fantastica y los ojos azul, The Chief Finance Officer de la Muerte aussi, bref le No 2 local ( ie en Iraq) et donc en absence du n0 1 disons pour simplifier El Numero Uno (comme le jeu de carte allemand... auquel on joue aussi en Arabie Saoudite -mais sous un autre nom- qui l'eu crut ?)
2 Shadi : mon nouveau assistant... Australo-Jordanien de son état (promis, je l'ai pas choisi parce qu'il me rappelait les Koalas!), depuis qu'il a obtenu son MBA la-bas et qu'il a travaillé ses premieres années, et donc finalement resté assez longtemps pour obtenir la double nationalté (apparemment c'est plus facile en Australie qu'en France, merci Sarkozi !). A l'air intelligent, mais un peu fainéant. Comme il remplace Maha, il n'a vraiment commencé qu'aujourd'hui donc je verrais a l'usage... Il a 29 ans, et fiancé (devrait etre marrié a son age, c'est louche ca, c'est peut etre un obsédé sexuel ou alors un homo introverti... a enqueter)
3 Hazem : Comme son nom ne l'indique pas, c'est le responsable WatSan (pour Water Sanitation). Tres sympa, adore gueuler au téléphone dans le couloir, on l'entend résonner dans tout l'immeuble. De toute facon quand 2 Arabes parlent ensembles on a l'impression 3/4 qu'ils s'engueulent alors qu'en fait pas du tout, étant tres polis (en général) ils se font tout simplement des échanges de bienséance ! Malgré son apparence aussi, a le meme age que moi... et se marit bientot (j'ai deja assisté a la 1ere étape ICI)
Par Bastien - Publié dans : Humanitaire
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